Le Traitement de L’humidité

Les sources d’humidité dans la construction

Les différentes problématiques liées à l’humidité

Les sources d’humidité dans la construction

L’humidité dans la construction est souvent source de problèmes d’hygiène, de confort et de durabilité des produits et matériaux.

Elle provient de sources diverses et s’évacue essentiellement par le chauffage et la ventilation : le chauffage augmente la température de l’air et par conséquent sa capacité à absorber l’humidité, la ventilation renouvelle l’air et donc évacue l’air chargé en humidité et le remplace par de l’air neuf.

Les principales sources d’humidité sont :

  • Les matériaux eux-mêmes (ressuage des bétons, séchage des plâtres, hygroscopie des bois…)
  • La pénétration au travers des parois (capillarité, perméabilité à la vapeur d’eau)
  • L’utilisation des locaux (présence humaine ou animale, locaux humides… )
  • Certaines installations techniques (échangeurs, réfrigérants, climatisations… )
  • Toutes les condensations

Les principaux moyens d’évacuer l’humidité sont : 

  • Le chauffage
  • La ventilation naturelle ou artificielle (mécanique) de tous les volumes

Maîtriser les risques de condensation est un art délicat, dont la difficulté est aggravée par les niveaux d’isolation et
d’étanchéité accrus du bâti.

Retenons deux principes essentiels :

  • la capacité de séchage d’une construction doit toujours être supérieure aux apports d’humidité qu’elle reçoit.
  • Plus l’air est chargé en humidité, plus le risque de condensation est grand.

L’humidité issue des matériaux eux-mêmes doit absolument être gérée lors du chantier.

Certains systèmes (chapes fluides, enduits intérieurs…) produisent lors de leur séchage une humidité incompatible avec la mise en oeuvre de certains systèmes (se référer aux DTU applicables notamment 25.41 et 58.1) (voir pages 40 et 41). 

La pénétration d’humidité par les parois dépend de leur nature et de leur état. Par exemple, un mur en maçonnerie non enduit (briques ou pierres non enduites) absorbera une partie des eaux de pluies battantes et la restituera à la fois sur ses faces intérieure et extérieure, par capillarité. L’humidité souterraine remonte dans certains murs anciens de la même façon.

La sudation humaine et l’eau contenue dans nos vêtements par temps de pluie sont aussi sources d’humidité, de même que l’eau que nous utilisons, notamment dans les pièces dédiées à cet usage, comme les cuisines, sanitaires, salles de bains…

Certaines installations techniques, notamment réfrigérantes, génèrent des condensations. Ces phénomènes sont normalement gérés par les installateurs de ces équipements et sont donc cités ici pour mémoire. On retiendra toutefois qu’un usage abusif de climatisation peut générer des condensations : à l’inverse du chauffage, l’air refroidi tolère moins d’humidité et le pare-vapeur n’est plus situé du bon côté.

Les différentes problématiques liées à l’humidité

L’humidité dans la construction génère des problématiques différentes aux ouvrages qui composent la construction ainsi que des problèmes sanitaires.
Nous renvoyons aux ouvrages spécialisés pour les autres aspects et traitons de l’humidité au travers des ouvrages susceptibles d’être réalisés avec nos produits ou systèmes :

  • L’humidité lors du chantier
  • Les locaux humides et les plafonds suspendus
  • Les locaux humides et les ouvrages en plaques de plâtre
  • Les pénétrations d’eau par les façades
  • Les transferts d’humidité dans les parois

L’HUMIDITÉ LORS DU CHANTIER

Toujours respecter les conditions préalables à la mise en oeuvre des ouvrages : voir pages 40 et 41. Ne jamais réaliser les ouvrages avant l’obtention du clos et du couvert, y compris des enduits muraux et du vitrage des menuiseries. Lorsqu’une chape fluide est mise en oeuvre après la réalisation d’un plafond en plaque de plâtre, la vapeur d’eau qu’elle génère n’est pas couverte par les conditions d’emploi définies par le NF DTU 25.41 : le signaler par écrit et, à défaut d’information émanant du maître d’oeuvre, resserrer les ossatures (voir page 94).

De la même façon, les plafonds suspendus démontables ne peuvent être mis en oeuvre qu’après séchage complet des enduits intérieurs.

Dans tous les cas, il appartient au maître d’ouvrage de définir l’utilisation des locaux et au maître d’oeuvre ou à la personne qu’il désignera dans ce rôle, de définir les sujétions techniques à réaliser.

LES LOCAUX HUMIDES ET LES PLAFONDS SUSPENDUS

Le traitement des plafonds suspendus démontables dans les locaux humides vise principalement à protéger leurs ossatures contre la corrosion et leurs dalles contre les risques de fluage ou l’apparition de taches.
Le tableau qui suit, issu du NF DTU 58.1 et repris de la norme NF EN 13964, indique le classement des locaux en fonction de leurs ambiances hygrothermiques. 

 

Classe Ambiance maxi (1) Exemple de locaux concernés
A 70 % HR et 25 °C

Locaux à faible hygrométrie avec ambiance non agressive Les locaux sont considérés comme ventilés et chauffés :

  • Locaux tertiaires : bureaux, couloirs, sanitaires à usage privatif
  • Les salles de classe
  • Commerce de distribution
  • Restaurants, brasseries, bars
  • Certains locaux sportifs
  • Ateliers sans production de vapeur d’eau
B 90 % HR et 30 °C

Locaux à moyenne hygrométrie avec ambiance non agressive Les locaux sont considérés comme ventilés et chauffés :

  • Locaux avec forte présence humaine et production de vapeur, y compris des locaux classés en A
  • Locaux avec forte présence animale et production de vapeur, y compris des locaux classés en A
  • Salles d’eau à usage privatif (hôtel, foyers de personnes âgées, hôpitaux…)
  • Sanitaires des ERP
  • Zones avec appareils à froid de commerces alimentaires
  • Autres locaux sportifs
  • Salles de spectacles
  • Salle polyvalentes
C > 90 % HR
Risque de condensation

Locaux à forte hygrométrie avec ambiance non agressive Les locaux sont considérés comme ventilés et chauffés :

  • Salles polyvalentes
  • Douches collectives
  • Laveries, cuisines collectives
  • Locaux industriels avec production de vapeur d’eau
  • Patinoires
D > 90 % HR
Risque de condensation

Tous locaux des classes B et C avec ambiance agressive(2) pour les matériaux constituant le plafond suspendu dont :

  • Piscines
  • Centres aquatiques
  • Balnéothérapies
  • Blanchisseries
  • Locaux industriels avec ambiance agressive
  • Aires de lavage

(1) Le dépassement d’un seul des critères conduit à la classe immédiatement supérieure.
(2) Le type d’agressivité et la protection afférente à la classe d’ambiance sont définis dans les pièces écrites.

Les plafonds suspendus démontables PLADUR® FON+ et PLADUR® Décor sont adaptés aux locaux relevant des classes A ou B.

 

LES LOCAUX HUMIDES ET LES OUVRAGES EN PLAQUES DE PLÂTRE :

Le traitement des ouvrages en plaques de plâtre dans les locaux humides vise pour l’essentiel à protéger les ouvrages des projections d’eau.

L’e-cahier du CSTB n ° 3567 définit le classement des locaux vis-à-vis de l’exposition des murs aux projections d’eau. Nous lui ajoutons les principaux référentiels à appliquer pour les ouvrages en plaques de plâtre PLADUR®(1) :

(1) Communication directe = absence de séparation (porte ou cloison).
(2) Si les Documents Particuliers du Marche prévoient une utilisation dont les attendus sont conformes aux conditions des locaux EB+ collectifs, il est possible de déclasser la cuisine en EB+ collectifs.
(3) Ces référentiels viennent en complément aux référentiels des systèmes. Notamment, les DTA des systèmes PLADUR® y renvoient lorsqu’il y a lieu. Pour chaque ouvrage, se reporter au chapitre « mise en oeuvre » du présent document ainsi qu’aux référentiels cités.

 

LES PÉNÉTRATIONS D’EAU PAR LES FAÇADES

L’exposition des façades à la pluie battante humidifie les murs, de façon plus ou moins importante en fonction d’une part de l’intensité des pluies battantes et d’autre part de leur capacité à absorber cette eau.

Cette question est traitée dans le NF DTU 20.1 P3, qui définit plusieurs types de murs en fonction de leur constitution et indique dans quel cas ils peuvent être utilisés ou non.

La constitution de ces murs dépend du type de maçonnerie, de la présence d’enduit ou non, du type de doublage et du type d’isolant mis en oeuvre. Leur conception dépasse donc le cadre du présent document.
S’il est impossible de résumer le contenu du NF DTU 20.1 P3 en un tableau synthétique ou en quelques lignes, nous en soulignons un écueil susceptible d’engager la responsabilité du plaquiste :

  • Dans le cas de maçonnerie non enduite sur sa face extérieure (murs en briques apparentes, en pierres de taille, en moellons, etc.), toujours ménager une lame d’air entre le mur et un isolant hydrophile (laines minérales notamment) s’il y en a. En effet, le contact entre l’isolant hydrophile (laines minérales notamment) et le parement intérieur du mur facilite une pénétration capillaire et classe le mur en type I, non admis dans le cas des maçonneries non enduites sur leur parement extérieur.
  • La présence d’une lame d’air entre l’isolant et le mur classerait le mur en type IIb (NF DTU 20.1 P3 §3.2 ET 3.2.2), mais aucun exemple avec isolant hydrophile n’est cité dans ces paragraphes. Il convient donc de solliciter le maître d’oeuvre.

1  : maçonnerie à joins apparents (pierres, moellons, briques…)
2 : isolant hydrophile (laine minérale…)
3 : parement du doublage PLADUR®
4 : plancher
5 : lame d’air

LES TRANSFERTS D’HUMIDITÉ DANS LES PAROIS

Principes généraux


Les transferts d’humidité dans les parois dépendent essentiellement des transferts de chaleur et de vapeur d’eau au travers des différents matériaux contribuant à l’enveloppe du bâtiment. On cherchera dans tous les cas à écarter les risques de condensation dans les isolants ou à leur surface et à limiter ce risque et ses conséquences dans les parois intérieures des murs extérieurs ou des toitures.

La condensation est un passage de l’eau de sa phase gazeuse (vapeur) à sa phase liquide (eau).
L’air ambiant contient une part d’humidité. On appelle "humidité relative", la proportion entre la vapeur d’eau présente dans l’air et la proportion de vapeur d’eau qu’il peut contenir :

  • À 100% H.R., l’air est un brouillard
  • À 0% H.R., l’air est parfaitement sec.

Plusieurs phénomènes influencent la quantité d’eau que l’air peut contenir, dont la pression et la température. Il ne nous est pas possible de les aborder tous dans le présent document.
Pour tout approfondissement, se référer aux documents suivants :

  • Guide technique du CSTB « Transferts d’humidité à travers les parois, Évaluer les risques de condensation » : septembre 2009
  • Norme NF EN ISO 13788 : 13 avril 2013 (classement P 50-766), Performances hygrométriques des composants de parois de bâtiments, Température superficielle intérieure permettant d’éviter l’humidité superficielle critique et la condensation dans la masse, méthode de calcul.

Une simplification longtemps utilisée a consisté à utiliser le diagramme de l’air humide établi par l’ingénieur MOLLIER pour déterminer le point de rosée d’un air, c’est-à-dire la température à laquelle la vapeur d’eau qu’il contient va condenser.

Dans l’exemple qui suit, un air à 18°C et 50 % H.R. rencontrerait sa température de condensation à 7,4°C environ : les matériaux isolants situés à l’intérieur de la construction ne doivent donc pas être exposés à cette température où, si leur exposition est inévitable, doivent être protégés de la vapeur d’eau, par exemple en disposant côté chaud un pare-vapeur efficace.

AVERTISSEMENT :

Les constructions contemporaines, de plus en plus isolées et étanches, appellent souvent des études plus complexes (voir ci-avant). L’utilisation simple du diagramme de Mollier peut mettre en évidence un défaut de conception mais ne suffit plus à concevoir une paroi. Il faudra compléter l’étude avec un logiciel de simulation statique ou de simulation dynamique.

Nous nous limiterons dans la suite du présent chapitre à décliner les principes essentiels rappelés plus haut au travers des différentes parois :

  • La capacité de séchage d’une construction doit toujours être supérieure aux apports d’humidité qu’elle reçoit.
  • Plus l’air est humide, plus le risque de condensation est grand.

Les transferts d’humidité dans les plafonds et les rampants

L’air situé entre l’isolation sous comble ou rampant n’est pas chauffé : sa seule capacité de séchage est donc traditionnellement assurée par la ou les ventilations sous toiture.
Il convient donc de NE JAMAIS OBSTRUER les ventilations établies par le couvreur et, bien au contraire, de prendre toutes dispositions utiles pour garantir le maintien de sa continuité. Ceci doit tenir compte des éventuels changements de volume des isolants lorsqu’ils sont à craindre.

Dans le cas d’écrans de sous-toiture dits Hautement perméables à la Vapeur d’eau (HPV), l’avis technique ou DTA du procédé indique si l’on peut, ou non, supprimer la lame d’air. Toujours vérifier cette information auprès du couvreur et toujours disposer un pare-vapeur sous l’isolant.

Le futur DTU 45.10, actuellement en préparation, précisera les cas où le pare-vapeur est obligatoire ou non. 

Dans l’attente de ce nouveau DTU, il est possible d’utiliser les e-cahiers du CSTB n° 3560 V2, dont l’application n’est toutefois obligatoire que pour les procédés dont les avis techniques ou DTA font référence à ce document.

En cas de doute, se référer à l’étude de transfert d’humidité ou en solliciter une en rappelant que la conception globale de la paroi relève de la compétence et de la responsabilité du Maître d’oeuvre et ne peut pas reposer uniquement sur le plaquiste ou plafiste.

Dans le cas de combles non ventilés, par exemple sous toiture-terrasse isolée, il convient de mener une étude particulière sur les transferts d’humidité et les risques de condensation.

Les transferts d’humidité dans les murs

L’isolant peut être en contact avec le mur extérieur et les lames d’air ne sont pas toujours ventilées, les condensations sur le parement intérieur du mur extérieur étant presque toujours inévitables. La démarche générale consistera donc à réduire ce risque.

On écartera tout risque de condensation dans l’isolant et les produits composant le doublage en adoptant des dispositions constructives adaptées.

La plupart des cas courants peuvent être résolus par des techniques décrites dans les référentiels appropriés (notamment les DTU applicables).

Le cas des murs anciens mérite un diagnostic plus approfondi, qui portera notamment sur son état de conservation, y compris de ses enduits, sur toutes les sources d’humidité susceptibles de l’affecter (capillarité en provenance du sol, arase supérieure, éventuellement chéneaux ou gouttières encaissées…) ainsi que sur son hygroscopie.

En cas de doute, une étude de transfert d’humidité doit être réalisée.

Dans tous les cas, les dispositions constructives minimales édictées dans le NF DTU 20.1 P4 (notamment son chapitre 6) devront être respectées, complétées par une vérification de l’adéquation de la solution envisagée au NF DTU 20.1 P3.

Sous ces réserves, nous proposons une logique simple de choix des solutions d’isolation des murs :

LA MISE EN OEUVRE DES PRODUITS PLADUR ET PRÉCAUTIONS

 

1- MISE EN PLACE D’UN PARE-VAPEUR + PLAQUE PLADUR®

2. MISE EN PLACE DE LA PLAQUE PLADUR® ADAPTÉE AU CHANTIER

3. MISE EN PLACE D’UNE CONTRE-CLOISON PLADUR® 1 SUR OSSATURE ET D’UN ISOLANT SYNTHÉTIQUE 

4. MISE EN PLACE D’UN PARE-VAPEUR + PLAQUE PLADUR® ET D’UN ISOLANT MINÉRAL OU NATUREL

5. MISE EN PLACE D’UN PARE-VAPEUR + PLAQUE PLADUR® ET D’UN ISOLANT MINÉRAL OU NATUREL

6. MISE EN PLACE D’UNE CONTRE-CLOISON PLADUR® SUR OSSATURE ET D’UN ISOLANT SYNTHÉTIQUE

7. MISE EN PLACE D’UN PARE-VAPEUR + PLAQUE PLADUR® ET D’UN ISOLANT MINÉRAL OU NATUREL

8. MISE EN PLACE DE LA PLAQUE « PLADUR ENAIRGY® »

Dans les cas 3 et 4, le percement de la paroi extérieure appelle des dispositions constructives non représentées dans nos schémas car relevant de la maçonnerie.Toujours faire appel à un maître d'oeuvre.